Chartres, chef-lieu du département de l'Eure-et-Loir, comptait, lors du recensement de 1999, 40 361 habitants, l'agglomération 87 800, et l'aire urbaine 130 681.
C'est la richesse des terres beauceronnes qui a fait la prospérité de Chartres, au risque néanmoins de l'enfermer dans son rôle de capitale agricole de la Beauce.
Occupé dès le iie siècle avant J.-C. par la capitale des Gaulois Carnutes (Autricum), le site initial correspond à un éperon rocheux qui s'avance vers le nord, en surplomb de l'Eure. Une cité romaine y prospère à partir de la seconde moitié du ier siècle après J.-C., puisant déjà sa fortune dans le « grenier à blé » des plaines environnantes.
Avec la christianisation (ive siècle), Chartres continue à accroître sa puissance grâce à ses fonctions religieuses. À l'emplacement de l'actuelle cathédrale, une cité épiscopale est édifiée. Elle fédère une agglomération polynucléaire qui sera unifiée au xiie siècle grâce à une muraille commune. Au caractère éclaté de la ville médiévale se surimpose une bipolarité entre « ville haute » du plateau, centre du pouvoir religieux et politique (château des comtes chartrains) et du commerce, et « ville basse » de la vallée, lieu de production et de vie des artisans (laine, cuir).
L'« âge d'or » de Chartres s'étend du xe (disparition de la menace normande) à la fin du xiiie siècle, période de prospérité dont la cathédrale reste le meilleur témoin. Ensuite, le destin de la cité ne cesse d'osciller entre phases d'expansion (milieu du xve siècle) et de récession (xviie siècle). La ville est marquée par la préférence de ses élites à investir dans les richesses foncières plus que dans le développement urbain. Ses fonctions religieuses connaissent également un déclin (un diocèse est créé à Blois aux dépens de celui de Chartres en 1697). La Révolution permet enfin à la ville de devenir chef-lieu, de l'Eure-et-Loir, et de s'affranchir de la tutelle d'Orléans, mais elle renforce son statut de capitale agricole, animée désormais par une puissante bourgeoisie terrienne […]
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