Fille de Charles-Louis, Électeur palatin du Rhin, la princesse palatine Charlotte-Élisabeth de Bavière vint en France en 1672 pour épouser Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV et veuf d'Henriette d'Angleterre. Petite, mais grosse et même difforme à la suite d'une petite vérole mal soignée, elle était gaie, pétillante d'esprit et indépendante ; elle racontait volontiers des histoires de corps de garde. Elle demeura la meilleure amie de son fils, le Régent, qu'elle admirait. Peu aimée à la Cour où son esprit mordant déplaisait, elle détestait tout ce qui était français et n'estimait que le roi lui-même. Allemande de cœur, elle fut ulcérée par la dévastation du Palatinat et conçut pour Louvois une haine implacable. Elle importait d'outre-Rhin des petits plats qu'elle aimait et essaya d'habituer la Cour à la cuisine allemande en y répandant des potages à la bière et au vin, du boudin, du jambon cru, de la choucroute, de la salade au lard, de la venaison et des crêpes au hareng saur. Obligée de changer de religion lors de son mariage, elle prétendait qu'elle avait sa propre religion, se contentant de lire la Bible en pensant que Dieu n'exigeait des hommes qu'une vie pure faite de bonnes actions. Elle passait son temps à la chasse et à écrire interminablement des lettres à sa famille. Cette correspondance riche de renseignements et souvent savoureuse est une source précieuse pour l'histoire : Correspondance de Madame, duchesse d'Orléans (trad. E. Jaegle, 1880). Son fils Philippe, duc d'Orléans, devint régent en 1715 à la mort de Louis XIV.
Jean-Marie CONSTANT
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