“Un homme libre, un grand et beau caractère” : en saluant par ces mots, en Conseil des ministres, le 13 janvier 1993, la mémoire de Charles Tillon, disparu quelques heures auparavant, le président de la République soulignait les traits marquants d'une vie de près d'un siècle dans lequel Charles Tillon fut tour à tour un mutin au nom de l'internationalisme prolétarien, un syndicaliste révolutionnaire, le commandant en chef des Francs-tireurs et partisans français (F.T.P.F. ou F.T.P.), un des ministres communistes du général de Gaulle, une des victimes des purges staliniennes du P.C.F., puis l'ardent mémorialiste pour qui la vie devait toujours chanter rouge.
Né à Rennes le 3 juillet 1897, fils d'un employé syndiqué des tramways, Charles Tillon sort de l'école industrielle de Rennes à seize ans, avec un C.A.P. d'ajusteur. Engagé volontaire le 20 juin 1916, le mécanicien du croiseur Guichen clame, le 26 juin 1919, sa volonté d'être démobilisé et de cesser de convoyer vers la mer Noire des troupes engagées contre les révolutionnaires russes. Dégradé et condamné à cinq ans de travaux forcés pour “excitation à la révolte et violences sans armes”, Charles Tillon est bagn […]
