Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

PEIRCE CHARLES SANDERS (1839-1914)

Page précédente Page suivante

3.  Le phénoménologue

Peirce donna à sa théorie des catégories le nom de phénoménologie ou de phanéroscopie. Cette phénoménologie ne doit rien cependant à celle de Husserl. Il cite ce dernier une fois, en 1906, mais c'est pour lui reprocher de prétendre se garder du psychologisme et d'y sombrer lui-même. Peirce n'a employé le terme « phénoménologie » que pendant une période très courte, de 1902 à 1904, bien qu'il ait toujours fait usage du mot «  phénomène » en relation avec les catégories. La phénoménologie ou phanéroscopie (du grec phaneron) est « la description de ce qui est devant l'esprit ou la conscience, tel qu'il apparaît », description qui n'est pas une « explication de la manière dont l'esprit fonctionne, se développe et s'altère », ce qui serait de la psychologie, « une sorte de physiologie de l'esprit ». Même attitude donc chez Peirce et chez Husserl, quoi que l'on puisse penser du reproche que le premier adressait au second : la phénoménologie n'est pas de la psychologie – et la phénoménologie prend les objets tels qu'ils apparaissent sans se demander s'ils sont réels ou non. Le phénomène ou phanéron, dit explicitement Peirce, est « tout ce qui est, de quelque façon ou en quelque sens que ce soit, présent à l'esprit, que cela corresponde à quelque chose de réel ou non ». On pourrait pousser plus loin encore le rapprochement, les deux phénoménologies entendant dégager des phénomènes ou phanérons leurs formes a priori, leurs formes « possibles » (Husserl), les « éléments formels », les « éléments logiquement indécomposables » (Peirce). La ressemblance s'arrête là, mais elle est loin d'être négligeable, car cette rencontre apparaît comme une étape nécessaire de la démarche historique de la pensée après l'échec de la « phénoménologie » kantienne et de la psychologie « phénoménale » empirique.

Les divergences sont importantes, mais elles n'enlèvent pas pour autant à la théorie de Peirce tout titre à se prétendre authentiquement phénoménologique. Il semble, au cont […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 5 pages… Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« PEIRCE CHARLES SANDERS (1839-1914) » est également traité dans :

PEIRCE CHARLES SANDERS (1839-1914) - (repères chronologiques)

Écrit par :  Francis WYBRANDS

Naissance de Charles Sanders Peirce à Cambridge (Massachusetts). Il est le fils de Benjamin Peirce, mathématicien et astronome à Harvard. Diplôme à Harvard. Entre au Service géodésique des États-Unis. Il y restera jusqu’en 1891. Entre à l’A merican Academy of Arts and Sciences. Dix ans plus tard, il devient membre de la National Academy of… Lire la suite
ŒUVRES PHILOSOPHIQUES, livre de Charles Sanders Peirce

Écrit par :  Jean-Pierre COMETTI

Charles Sanders Peirce (1839-1914), fondateur du pragmatisme, est au nombre des esprits les plus originaux et inventifs des deux derniers siècles. Son œuvre, qui a donné naissance à un large courant d'idées dans le contexte américain, reste aujourd'hui présente dans la discussion philosophique contemporaine par les éclairages qu'elle continue… Lire la suite
ACOUSMATIQUE MUSIQUE

Écrit par :  François BAYLE

Dans le chapitre "Matériau et image"  : …  identification et de reconnaissance, de perte et de métamorphose, dans la conscience de l'audition. *Une première approche pour le repérage acousmatique peut s'inspirer des catégories propres aux signes dues au sémiologue américain Charles Sanders Peirce (1839-1914) [Écrits sur le signe, 1978] ; celui-ci définit : – l'icône, où l'objet est… Lire la suite
CATÉGORIES

Écrit par :  Fernando GIL

Dans le chapitre "Les catégories comme heuristique : Charles Sanders Peirce"  : …  La sous-détermination des catégories fait que leur fonction est, au premier chef, heuristique. *Cela est manifeste dans l'œuvre de C. S. Peirce, où les catégories se révèlent être, selon les mots de Peirce lui-même, « des idées si vastes qu'elles doivent être entendues comme des états (moods) ou des tonalités (tones) de la… Lire la suite
DEWEY JOHN (1859-1952)

Écrit par :  Jean-Pierre COMETTI

Dans le chapitre "Le pragmatisme de John Dewey"  : …  et le faillibilisme est une dimension majeure des moyens que nous mettons en œuvre pour y parvenir. *C'est à Peirce que Dewey doit initalement sa conception de l'« enquête » (inquiry), concept central qui fixe les contours majeurs de sa pensée. Pour le pragmatisme, compris comme philosophie de l'enquête, il n'y a donc pas de norme… Lire la suite
EMPIRISME

Écrit par :  Edmond ORTIGUES

Dans le chapitre "La croyance chez Kant et chez Hume"  : …  à confondre la vérité avec une perfection finale se retrouve dans le pragmatisme. Selon Quine, « *Peirce a essayé de définir entièrement la vérité en terme de méthode scientifique. La vérité serait pour lui la théorie idéale de laquelle on s'approche comme d'une limite lorsque les canons (supposés) de la méthode scientifique sont utilisés sans… Lire la suite
ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - La philosophie

Écrit par :  Jean-Pierre COMETTI

Dans le chapitre "Le pragmatisme"  : …  *Le pragmatisme est le nom que Charles S. Peirce (1839-1914) a donné à sa philosophie, c'est-à-dire à ce qu'il considérait comme une méthode destinée à appliquer au traitement des problèmes philosophiques les techniques utilisées par les hommes de science dans leurs laboratoires. Cette inspiration, qu'il ne faut pas considérer comme une… Lire la suite
FORME

Écrit par :  Jean PETITOT

Dans le chapitre "Le vitalisme structuraliste et sémiotique"  : …  équivaut à une auto-interprétation. Après Goethe, il faudra attendre des philosophes comme *Peirce et Husserl pour retrouver une interprétation objective de la forme comme sens. Peirce a été fasciné par l'énigme de la structuration, de la diversification et de la complexification des formes naturelles. Il a repris à sa façon tous les thèmes… Lire la suite
HEURISTIQUE

Écrit par :  Jean-Pierre CHRÉTIEN-GONI

Dans le chapitre "Heuristique générale ou la logique de la découverte"  : …  on parvient à ces idées n'est pas rationnelle. » C'est bien sûr dans la philosophie de Charles S. *Peirce que ces théories trouvent leur origine, dans son idée d'une science convergeant à long terme vers la vérité et dans sa tentative de construire une logique de l'invention à l'aide de procédés logiques spécifiques comme la rétroduction ou… Lire la suite
LANGAGE PHILOSOPHIES DU

Écrit par :  Paul RICŒURJan SEBESTIK

Dans le chapitre "Linguistique et sémiologie"  : …  modèles de description et d'explication. Bien avant Saussure, le philosophe et logicien américain *Charles Sanders Peirce, suivant en cela une suggestion de l'Essai de Locke, avait conçu l'idée d'une théorie générale des signes ou sémiotique, où la linguistique serait contenue comme l'étude d'un des systèmes de signes. C. S. Peirce, le… Lire la suite
LOGIQUE

Écrit par :  Robert BLANCHÉJan SEBESTIK

Dans le chapitre "La logique symbolique moderne"  : …  est le véritable initiateur de la logique des relations. Celle-ci sera ensuite développée par *Charles Sanders Peirce, par Ernst Schröder, et surtout par Bertrand Russell. Peirce a d'ailleurs d'autres mérites, par exemple d'avoir dégagé la notion moderne des quantificateurs, amorcé le calcul des fonctions de vérité par l'usage des matrices, et… Lire la suite
MORRIS CHARLES WILLIAM (1901-1979)

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

… *Philosophe américain dont l'œuvre est un commentaire de la théorie des signes de C. S. Peirce. Dans Signs, Language, and Behaviour (1946), Morris distingue, à l'intérieur de la sémiotique (théorie générale des signes), l'étude syntactique, qui décrit les relations des signes les uns avec les autres ; la sémantique, qui… Lire la suite
PENSÉE

Écrit par :  Pascal ENGEL

Dans le chapitre "Critique de la conception cartésienne : Peirce, Wittgenstein et Ryle"  : …  La conception cartésienne promeut une image de la pensée que des philosophes comme* Peirce, Wittgenstein et Ryle considèrent comme un mythe pur et simple. Bien que distincts, leurs arguments ont de nombreuses affinités. Tous trois insistent, à des degrés divers, sur le fait que les pensées, comme attitudes propositionnelles, ne peuvent pas être… Lire la suite
PRAGMATIQUE

Écrit par :  Francis JACQUES

Dans le chapitre "Genèse et développement"  : …  fondamentaux. Quelque chose de l'usage kantien du terme pragmatisch survit chez C. S. *Peirce : « en relation avec quelque intention, projet humain défini ». Mais l'attitude pragmatique concerne la production du sens dans les systèmes de signes. Elle ne regarde la rationalité que pour autant que celle-ci dépend du discours en contexte… Lire la suite
PRAGMATISME

Écrit par :  Gérard DELEDALLE

Dans le chapitre "Les pragmatistes"  : …  e siècle et au début du xxe. L'idée en est venue à Charles S. *Peirce (1839-1914) entre 1865 et 1872. Il l'exposa à quelques amis, parmi lesquels se trouvait James, au cours de réunions d'un « Club métaphysique » qui avait ses assises à Cambridge, dans le Massachusetts. Il la rendit publique dans un article… Lire la suite
PSYCHANALYSE

Écrit par :  Pierre KAUFMANN

Dans le chapitre "Sujet et signifiant"  : …  de Boole trouvera son approfondissement en 1961 avec l'appui de la sémiotique de C. S. *Peirce, à laquelle Lacan emprunte, en la combinant avec celle de Saussure, sa définition du signifiant comme « ce qui représente un sujet pour un autre signifiant ». Dans cette vue, l'élaboration d'une « logique élastique » du signifiant se marque alors – sur le… Lire la suite
QUANTIFICATION, linguistique

Écrit par :  Jean-Pierre DESCLES

… *La quantification est une série d'opérations de détermination qui sont constitutives de la bonne formation de l'énoncé. Le terme de quantification, en tant qu'opérations, a été introduit par C. S. Peirce et par G. Frege pour analyser des particules grammaticales comme « quelques », « certains », « chaque », « tous les », « aucun »... Ils ont retenu… Lire la suite
SÉMIOLOGIE

Écrit par :  Julia KRISTEVA

Dans le chapitre "Les fondateurs de la sémiotique moderne"  : …  C'est dans cette voie, et en créant la logique des relations, qu'un des premiers axiomaticiens, *Charles Sanders Peirce, revendique la nécessité d'une science traitant des significations, de leur convertibilité intersystémique et de leur relation à l'ordre matériel : la sémiotique. Pour Peirce, la sémiotique n'est qu'un autre terme pour… Lire la suite
SIGNE ET SENS

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Vers une sémiotique générale"  : …  la notion de sens. La première direction conduit hors du langage ; c'est la voie ouverte par C. S. *Peirce, lorsque celui-ci conçut l'existence d'une science totale des signes qu'il appelait la sémiotique et qui devait englober tous les signes autres que les signes linguistiques, le langage devenant une province de cet empire des signes, tout en… Lire la suite

Afficher la liste complète (19 références)

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média