Personnage qui séduit les surréalistes par son extravagance : danseur, dandy, allant à la pêche en bas de soie ou portant une hostie rouge au front pour signaler qu'il se livre à la composition littéraire, Maturin débute pourtant dans la carrière ecclésiastique après de sérieuses études à Dublin, puis à Trinity College. D'impérieux besoins d'argent le poussent à écrire pour le théâtre, et sa première pièce, Bertram (1816), avec ses mariages forcés, ses fausses reconnaissances, ses naufrages et ses assassinats, connaît un vif succès. Mais c'est dans le roman qu'il va vraiment se distinguer, et Melmoth ou l'Homme errant (Melmoth the Wanderer, 1820) assure sa réputation jusqu'à nos jours. Son héros, qui tient à la fois de Faust, de Méphistophélès et du Juif errant, signe un pacte avec le diable, puis parcourt le monde à la recherche de quelqu'un qui veuille prendre sa place de maudit. Cinq aventures imbriquées les unes dans les autres, sans compter les récits intercalés, répètent telles des miroirs la quête inlassable du héros. À peine esquissée au début du roman, la silhouette de Melmoth se précise peu à peu, et ses crimes variés fascinent à chaque fois […]
