5. Personnalité de l'empereur
Une telle multitude d'événements, de si prodigieuses transformations en Europe et en Amérique ne doivent pas faire oublier le personnage lui-même. Nous le connaissons grâce à de très nombreux témoignages, bien qu'au cours d'une existence mouvementée il ait changé quelque peu. Son enfance se passa à la cour des Pays-Bas, sous la tutelle de Marguerite d'Autriche et d'Adrien d'Utrecht. Il parlait alors le français et le flamand. Dans sa jeunesse, il fut soumis à l'influence de ses conseillers, principalement Guillaume de Croy, sieur de Chièvres. Peu à peu, il développa sa personnalité et se familiarisa avec la langue espagnole. À la mort du chancelier Gattinara, qui ne fut pas remplacé, ses principaux collaborateurs furent Francisco de los Cobos pour les affaires d'Espagne et Nicolas Perrenot, sieur de Granvelle, pour celles du nord de l'Europe. Tous les auteurs s'accordent à reconnaître la profonde religiosité de Charles Quint, ses vertus familiales, son courage, le souci de ses devoirs d'État. Parmi ses défauts, on signale une tendance à l'avarice et de l'intempérance à table. L'empereur, tourmenté par la goutte, avait un tempérament mélancolique, qui se reflète dans les admirables portraits du Titien et explique en partie son abdication.
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