2. Les affaires d'Italie et la lutte contre la France
L'Italie fut, dans les dernières années du xve siècle et la première moitié du xvie, le principal champ de bataille de l'Europe. La civilisation y était largement en avance sur celle des autres nations. Les Italiens avaient mis au point les techniques nouvelles du grand commerce et de la banque. Ils avaient développé les industries de luxe, telles la soierie et la miroiterie. Nul pays ne comptait autant de grandes villes. La renaissance des lettres et des arts s'y était épanouie de bonne heure. Mais le pays était morcelé entre plusieurs États rivaux, le royaume de Naples, l'État pontifical, les républiques de Florence, Gênes et Venise, les duchés de Milan et de Savoie, et diverses principautés ou républiques de moindre importance. Cette faiblesse politique servit les ambitions des deux grandes monarchies française et espagnole, qui s'affrontèrent à maintes reprises. Successeur de Ferdinand le Catholique, Charles Quint poursuivit la politique traditionnellement tournée vers l'Italie de la maison d'Aragon. En outre, en tant qu'héritier des ducs de Bourgogne, il avait une raison supplémentaire d'entrer en conflit avec la France. Il n'avait jamais renoncé à la Bourgogne ducale annexée par Louis XI. De là une lutte interminable avec François Ier, qui allait se traduire par quatre guerres successives.
Les deux premières, qui se suivirent d'assez près, furent les plus importantes. En 1521, le Milanais fut enlevé à François Ier et rendu à la dynastie des Sforza. Le roi de France tenta à plusieurs reprises de le reconquérir. Vaincu et fait prisonnier à Pavie (1525), il dut, sous la contrainte, signer le désastreux traité de Madrid, qu'il s'empressa de désavouer dès qu'il eut recouvré la liberté. Il trouva un appui diplomatique auprès du pape Clément VII et de plusieurs princes italiens, qui, jugeant Charles Quint trop puissant, conclurent avec lui la ligue de Cognac. L'Angleterre et les Turcs s'y montraient également favorables. Les host […]
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