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COCHIN CHARLES NICOLAS, dit COCHIN LE FILS (1715-1790)

Formé dès son plus jeune âge dans l'atelier familial — la famille Cochin constitue comme les Mariette une dynastie de graveurs et de marchands d'estampes parisiens —, Charles Nicolas Cochin le Fils (ainsi appelé pour le distinguer de son père, lui-même graveur réputé, et qui portait le même prénom) a douze ans à peine quand il donne ses premières gravures.

Comme graveur, Charles Nicolas Cochin se fait une spécialité des grandes planches représentant des fêtes et des cérémonies : feux d'artifices, bals, pompes funèbres entre autres. Ces estampes, de format imposant, où une foule de personnages minuscules, enlevés d'une pointe spirituelle, s'agitent et se groupent avec animation au milieu d'architectures de fantaisie, ont pour nous une double valeur : en tant que telles, par la superbe qualité du travail, et aussi comme témoins d'une activité artistique particulièrement importante mais difficile à restituer à cause du caractère éphémère de ces constructions et de ces décors occasionnels. La vignette d'illustration est un autre genre où brille Cochin, servi par la fertilité de son imagination et sa prestesse dans le traitement du cuivre. Agréé à l'Académie en 1741, Cochin en deviendra, en 1755, le secrétaire et l'historiographe. En 1752, il avait hérité de la charge de garde des dessins du roi, laissée vacante par la mort de Charles Coypel. Mais, surtout, ses bonnes relations avec Mme de Pompadour lui avaient valu d'être choisi en 1749 pour accompagner en Italie pendant deux ans le jeune frère de la marquise, le futur Marigny, dont Cochin restera ensuite l'ami et le collaborateur fidèle. C'est dire qu'il joue un rôle central dans ce qu'on peut appeler la politique artistique de Louis XV, d'autant plus que sa collaboration régulière au Mercure fait de lui un arbitre du goût. L'arrivée au pouvoir d'une nouvelle équipe et le changement progressif des idées et du style après 1770, la vieillesse aussi, le privèrent progressivement de cette position privilégiée. Les lettres de Cochin attestent qu'à la veille de sa mort il n'avait toujours rien perdu de son alacrité. Le vieux monde qu'il avait connu et dont il avait si bien traduit l'esprit disparaissait avec lui.

Georges BRUNEL

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