2. Charlie Brown, Snoopy et les autres
Charles Schulz détestait le titre de sa série, Peanuts, et il aurait aimé pouvoir l'appeler Good Ol' Charlie Brown (« Ce bon vieux Charlie Brown »), du nom du personnage principal, un petit garçon malchanceux mais toujours plein d'espoir, à la bonne volonté jamais récompensée, incapable de plaire aux filles ou de jouer au base-ball. Son chien Snoopy est un beagle dont le comportement devient peu à peu humain (il finit par marcher uniquement sur ses pattes de derrière). Snoopy passe une grande partie de son temps à rêvasser sur le toit de sa niche, et sa vie fantasmatique est intense : il se voit en aviateur de la Première Guerre mondiale affrontant le « Baron rouge », en avocat célèbre, en écrivain à succès ; sa mythomanie rend encore plus floue la frontière entre sa « vie réelle » et sa « vie rêvée », par exemple lorsqu'il prétend avoir accroché à l'intérieur de sa niche (dont le lecteur ne voit jamais que l'extérieur) un tableau d'Andrew Wyeth, en remplacement d'une œuvre de Van Gogh détruite par un incendie. Autour de Charlie Brown et de Snoopy gravitent l'oiseau Woodstock, confident de Snoopy, et une dizaine d'enfants, dont les principaux sont Schroeder, pianiste de génie, Lucy Van Pelt, chipie grincheuse, qui à défaut de pouvoir séduire Schroeder (que seul Beethoven intéresse) tyrannise Charlie Brown et propose depuis une guérite des consultations psychanalytiques, et son petit frère Linus, un bambin surdoué, qui ne se sépare jamais de sa couverture fétiche, et jouit d'un prestige intellectuel considérable – il cherche à bâtir un système métaphysique fondé sur le culte de la « Grande Citrouille ».
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