Bien que nourrie de références à la culture et à l'actualité des États-Unis, Peanuts, la bande dessinée conçue pendant un demi-siècle par l'Américain Charles Schulz, a été publiée dans de nombreux pays du monde, car cette sorte de comédie humaine, ironique et burlesque, atteint aussi à l'universel. En montrant des enfants qui se prennent au sérieux, et dont les problèmes (même s'ils sont ici enrobés de loufoquerie) sont fondamentalement les mêmes que ceux des gens plus âgés, l'auteur insinue dans l'esprit du lecteur l'idée que les adultes ne sont en fait que des enfants qui font semblant d'être adultes.
1. La série « Peanuts »
Né le 26 novembre 1922 à Minneapolis (Minnesota), Charles Monroe Schulz participe à la Seconde Guerre mondiale – il est notamment présent à la libération du camp de Dachau –, puis donne des cours de dessin. En 1948, il se lance dans la bande dessinée : pour l'hebdomadaire Saint Paul Pioneer Press, il réalise la série Li'l Folks (« Les P'tiots »), où il met en scène une bande d'enfants. Souhaitant une diffusion plus large, il fait appel à l'agence de placement United Feature Syndicate, qui lui impose un nouveau titre, Peanuts (littéralement « Cacahuètes », mais, au sens figuré, « Clopinettes »). La série ainsi rebaptisée débute le 2 octobre 1950 dans sept quotidiens américains. Le succès vient progressivement, jusqu'à devenir dans les années 1960 un phénomène de société. Peanuts donne naissance à des dessins animés, à des comédies musicales, les personnages sont les mascottes officielles de la N.A.S.A. Charles Schulz est désormais le plus riche de tous les auteurs de bandes dessinées. En 1996 – sa série est alors publiée dans soixante-quinze pays, représentant au total plus de 2 600 journaux – ses revenus annuels sont estimés à environ 33 millions de dollars. Mais cette extraordinaire réussite financière ne change pas la vie de Charles Schulz, protestant évangélique assez austère, qui travaille quotidiennement à sa bande dessinée, sans jamais avoir recours à […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



