Petit-fils du surintendant Fouquet et donc de naissance roturière, Belle-Isle est par sa mère, une Lévis, apparenté à la plus haute aristocratie française ; par sa deuxième femme, une Béthune, il devient cousin issu de germains de l'électeur de Bavière et proche parent d'une multitude de princes allemands. Un véritable métis social donc, ce qui explique sans doute une formidable ambition et la variété des moyens employés pour la satisfaire. Avec son frère, le chevalier de Belle-Isle, tout dévoué à l'aîné de la maison, il entreprend une longue ascension. Colonel en 1708, il se distingue dans la défense de Lille et obtient d'être « mestre » de camp général des dragons. Sous la Régence, il cède au roi Belle-Isle, terre qui ne rapporte rien, contre le comté de Gisors et d'autres domaines valant 80 000 livres de revenu annuel. Lieutenant général en 1731, gouverneur des Trois-Évêchés en 1733, chevalier du Saint-Esprit en 1734, c'est un bon officier, un administrateur zélé qui transforme la ville et les fortifications de Metz, un grand seigneur de la Cour. En 1740, chef du parti de la guerre contre l'Autriche, il est nommé maréchal de France pour être envoyé en Allemagne comme ambassad […]
