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IVES CHARLES (1874-1954)

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Charles Ives, dessin de B. F. Dolbin

« Il existe un grand homme vivant dans ce pays, un compositeur. Il a résolu le problème de se préserver lui-même et d'apprendre. Il répond à la négligence par le mépris. Il n'est forcé d'accepter ni la louange ni le blâme ; son nom est Ives » (Arnold Schönberg).

L'importance de l'œuvre de Ives est considérable. Ce soi-disant amateur, ce père de la musique américaine fut longtemps un inconnu pour le plus grand nombre des mélomanes, formés à l'école européenne de Stravinski, Debussy ou Schönberg. En lui se sont combinés les gestes fondamentaux de la création musicale : écoute du monde sonore environnant, réalisation artisanale de l'œuvre, expérimentation de formes et de situations nouvelles, construction d'un univers sans précédent. En tissant pêle-mêle son écheveau, Ives a montré à la musique du xxe siècle que la nouveauté ne prenait pas obligatoirement le chemin de la réflexion critique et historique ou celui de la constitution d'une syntaxe, comme l'avaient laissé supposer les patients novateurs de l'école de Vienne. Ives unit le génie créateur d'un « compositeur du dimanche », qui ne craint aucune audace, à la rigoureuse discipline exigée par la composition. Bien qu'ayant une solide formation musicale, il fait figure de self-made man, en ce qu'il n'a obéi à aucun modèle venu d'Europe, ni à aucune mode de cette jeune nation, les États-Unis d'Amérique des premières années du xxe siècle.

Avant Charles Ives, il n'existait pas véritablement de musique classique américaine. Le paysage sonore des jeunes États-Unis d'Amérique se partageait entre des mélodies de salon de Stephen Collins Foster, héritières des romances romantiques en vogue en Europe, de nombreux airs à danser, de la musique militaire, des hymnes d'église, de la musique populaire noire. Toute importation européenne était saluée par la haute société qui se pressait pour aller écouter les solistes de passage.

1.  Expériences et découvertes

Charles Edward Ives est né le 20 octobre 1874, à Danbury, dans le Connecticut.  […]

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IVES CHARLES (1874-1954) - (repères chronologiques)

Écrit par :  Juliette GARRIGUES

Charles Edward Ives naît à Danbury, dans le Connecticut. Son père lui transmet son goût pour la liberté dans la création et le convainc qu'il n'existe pas de règles en musique et que tout l'univers des sons est ouvert à l'exploration. Les Variations on « America », pour orgue, composées en 1891 et 1892, sont créées à Brewster (État de New… Lire la suite
DEUXIÈME SONATE POUR PIANO "CONCORD, MASS., 1840-60" (C. Ives)

Écrit par :  Juliette GARRIGUES

Publiée par Charles Ives en 1920, la Deuxième Sonate pour piano constitue un défi à l'académisme ; on y trouve en effet toutes les innovations qui jalonnent la musique du xxe siècle : atonalité et polytonalité, polyrythmie, clusters, citations et collages. Chez Ives, cependant, cette démarche relève davantage de la… Lire la suite
ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - La musique

Écrit par :  Juliette GARRIGUESAndré GAUTHIER

Dans le chapitre "Aux sources de la musique américaine"  : …  américaines hors du commun sont à l'origine des musiques « savantes » des États-Unis : *Charles Ives (1874-1954) et Henry Cowell (1897-1965) ont en effet, afin d'élaborer leur œuvre, rejeté des pans entiers de la tradition européenne, tout particulièrement l'influence germanique qui prévalait au début de leurs périodes créatrices. Charles Ives peut… Lire la suite
VENT INSTRUMENTS À

Écrit par :  Pierre-Paul LACAS

Dans le chapitre "Les trombones"  : …  de sa couleur sombre et dramatique aux trois trombones qui l'escortent. Du compositeur américain *Charles Ives (1874-1954), citons une seule œuvre, Scherzo : Over the Pavements, qui aligne trois trombones, piccolo, clarinette, basson ou saxophone, trompette, percussion et piano. L'expression du cocasse (avec vibrato, glissando, « … Lire la suite

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