Fils cadet de Louis Ier le Pieux, âgé de vingt ans en 843, Charles avait reçu une éducation soignée. Doué d'un goût artistique très sûr, se passionnant pour les lettres, la dialectique et la théologie, il fit de sa cour, où enseigna de 845 à 867 Scot Érigène, un centre brillant de culture. Mais cet intellectuel eut un règne mouvementé. La partie occidentale de l'Empire d'Occident lui était échue au traité de Verdun en 843. Les circonstances lui imposèrent un combat perpétuel : contre des clans infidèles de l'aristocratie qui n'hésitèrent pas à faire appel à deux reprises à son frère Louis le Germanique, contre les Bretons auxquels il fallut céder les comtés de Rennes, Rézé et Nantes, contre les Aquitains dont il finit par reconnaître le particularisme, contre les Normands surtout, créateurs d'un état permanent d'insécurité dans les régions bordant la Seine et la Loire.
En dépit de ces difficultés, Charles le Chauve s'efforça d'agrandir son royaume vers l'est. Il guettait notamment la Lotharingie dont le roi, Lothaire II, maître aussi depuis 863 du centre du royaume de Provence, mourut en 869. Charles se fit aussitôt sacrer roi de Lorraine à Metz et parvint jusqu […]
