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BRUNSWICK CHARLES GUILLAUME FERDINAND duc de (1735-1806)

Prince libéral et cultivé, le duc de Brunswick, qui s'est déjà distingué pendant la guerre de Sept Ans, passe depuis la mort de son oncle, Frédéric II, pour le plus illustre guerrier de son temps. Plus calculateur qu'audacieux, il est, malgré sa vaillance personnelle, de ceux « qui manquent la victoire pour s'être trop préoccupés d'assurer la retraite ». Moins soldat que diplomate, ce prince philosophe a su, dès le début de la Révolution française, concilier ses sympathies pour les idées nouvelles avec les devoirs de son rang, au point d'inspirer confiance aux deux partis : c'est ainsi qu'il se voit proposer, presque simultanément, par les Girondins le commandement des forces françaises, et par le roi de Prusse celui des troupes destinées à l'invasion de la France. On a même songé un instant à lui pour remplacer Louis XVI sur le trône, mais il a prudemment repoussé cette offre singulière.

Nommé généralissime de l'armée coalisée, il en compromet les opérations par son esprit d'indécision, après s'être laissé lui-même compromettre en acceptant de signer le fameux manifeste qui porte son nom, bien qu'il ne l'ait ni rédigé ni même inspiré. Ce document, dans lequel Paris est menacé de subversion totale au cas où il arriverait malheur au roi et à sa famille, galvanise les troupes françaises qui s'opposent victorieusement aux siennes. Surpris de cette résistance inattendue, le duc, après Valmy, tente de négocier avec Dumouriez, se laisse berner par lui et se résout finalement à battre en retraite. Cette décision est accueillie avec fureur et désespoir par les dix mille émigrés français enrôlés dans son armée : certains l'accusent d'avoir reçu, pour se retirer, d'importantes sommes d'argent, et même les diamants de la Couronne ; d'autres le soupçonnent d'avoir obéi à des influences et à des considérations maçonniques.

Par remords peut-être, et pour atténuer leur rancœur à son égard, il recueille dans son duché de Brunswick nombre de ces émigrés et donne même asile au prétendant, le futur Louis XVIII, dont aucun souverain ne veut alors s'encombrer.

Après avoir participé à la campagne de 1793, il ne reprend du service qu'en 1806, en qualité de commandant des troupes prussiennes, et il meurt la même année des suites d'une blessure reçue à la bataille d'Auerstaedt.

Ghislain de DIESBACH

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