L'auteur de La Légende d'Ulenspiegel, la première grande œuvre littéraire créée en Belgique francophone après l'indépendance du pays en 1830, est né à Munich d'un père flamand et d'une mère wallonne. Il passa l'essentiel de sa vie à Bruxelles, dans des conditions matérielles souvent très difficiles. À l'exception des trois années où il fut « employé de la Commission royale chargée de la publication des lois anciennes » (1861-1864) — ce qui lui permit de perfectionner sa connaissance du français du xvie siècle dont il imitera bien des traits dans Ulenspiegel — et d'un poste de professeur de littérature à l'École de guerre à partir de 1870, il n'eut, en effet, d'autre occupation que la littérature, mais ne connut guère de son vivant le succès ni la renommée. Il étudia chez les Jésuites, puis à l'université de Bruxelles, où il acquit les idées démocrates et anticléricales qu'il ne cessa de professer par la suite. En 1847, il fonda avec quelques amis « la Société des Joyeux », au sein de laquelle il fit connaître ses premiers essais en vers et en prose. Il eut également, à cette époque, une longue relation amoureuse, aussi passionnée que malheureuse, dont on trouve le témoignage dans les Lettres à Élisa (1894), publiées après sa mort. Collaborant régulièrement, à partir de 1856, à la revue Uylenspiegel, qui joua un rôle important dans les lettres belges de l'époque, De Coster y publia notamment ses Légendes flamandes, dont il fit un volume en 1857. De style archaïque déjà — même si ce n'est pas encore la belle langue singulière d'Ulenspiegel —, écrites en alinéas très brefs où abondent les répétitions, ces adaptations du patrimoine légendaire flamand détonnèrent fortement dans le climat réaliste qui régnait alors. D'une écriture moins recherchée, les Contes brabançons (1861) n'ont pas l'originalité du premier recueil. Mais l'écrivain, à cette époque, travaillait déjà à son chef-d'œuvre qu'il publia, avec des eaux-fortes de Félicien Rops, en 1867, sous le titre La Légende d'Ulenspiege […]
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