4. Un artiste
Et comment oublier ce que Lanson déjà signalait : que de Brosses est un excellent critique d'art. Moins avisé que l'abbé Du Bos, meilleur assurément que Montesquieu, aussi bon sûrement que Diderot. Il boude Giotto, Cimabue, Uccello ? Sans doute. Il leur préfère Léonard, le Corrège, Michel-Ange et surtout Raphaël. Serait-ce donc déshonorant ? Reconnaissons plutôt qu'il vit avec son temps ; et nous, au nôtre. En ceci pourtant précurseur qu'il regrette que Vivaldi ne soit pas encore apprécié de ses contemporains. À cet égard, il serait donc heureux chez nous. Mais que penserait-il de nous, ce magistrat vertueux, savant, artiste et libertin ? La question n'a guère de sens, et peu importe. Du moins pouvons-nous enfin le lire, et le mettre à sa vraie place, cet assez grand homme qui a mauvaise presse durant la Révolution (pour sa noblesse, et son épicurisme), et plus tard en régime bourgeois (parce qu'il ne respecte rien de ce qu'il convient aux nantis que les autres respectent).
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



