Il est certain que le climat changera au cours du xxie siècle. Le réchauffement planétaire en cours, dû, en partie au moins, au renforcement anthropique de l'effet de serre, se poursuivra. Il va vraisemblablement s'accélérer pendant quelques décennies encore, même si une forte réduction des émissions de gaz à effet de serre, en particulier du gaz carbonique (dioxyde de carbone, CO2), était réelle et rapide. Ce changement climatique n'affecte pas toutes les régions du globe de la même manière. Pour chaque région, à chaque saison, plus que l'augmentation de la température, ce sont les perturbations du cycle de l'eau et les modifications des risques d'événements météorologiques extrêmes qui sont le plus à craindre ; elles peuvent avoir des conséquences significatives pour la biosphère et pour les sociétés humaines. En outre, la possibilité d'une mutation radicale et profonde du système climatique ne peut être totalement exclue.
1. De la stabilité climatique au réchauffement planétaire
La civilisation, fondée sur l'agriculture, dépend de la stabilité du climat. Depuis huit mille ans, malgré ses fluctuations, le climat montre une constance relative traduisant un état stable, globalement proche de l'équilibre. L'ensemble continents-océans-atmosphère renvoie vers l'espace, sous forme de rayonnement infrarouge, un flux d'énergie égal au flux de rayonnement solaire incident sur la planète et transformé partiellement en chaleur. La température à la surface de la Terre dépend non seulement de la position relative de la Terre et du Soleil, et de la luminosité, mais aussi de la distribution de l'énergie d'origine solaire sur le globe et dans ses différentes couches gazeuses, liquides ou solides. Cette distribution dépend, d'une part, de l'albédo (la fraction du rayonnement solaire non absorbée, donc réfléchie vers l'espace) responsable d'un « effet parasol », fonction notamment de la couverture nuageuse, d'autre part, de l'opacité partielle de l'atmosphère au rayonnement infrarouge – « l'effet de serre », principalemen […]
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