5. Une démographie peu dynamique, reflet des difficultés de développement
L'évolution démographique récente de la Champagne-Ardenne reflète ses faiblesses et l'incertitude de son avenir. Sa croissance s'est peu à peu ralentie, tombant de 0,1 p. 100 par an, entre 1975 et 1982, à 0,02 p. 100 par an en 1982-1990, puis la région a perdu 5 500 habitants entre 1990 et 1999, soit — 0,05 p. 100 par an. En effet, la Champagne-Ardenne, qui a longtemps fait partie du « croissant fertile » de la France du Nord, a vu sa natalité décliner ; et son accroissement naturel ne parvient plus à compenser un déficit migratoire pourtant atténué. Cette évolution est très inégale selon les départements : seule la Marne continue à progresser nettement, l'Aube se maintient et les deux départements périphériques, Ardennes et Haute-Marne déclinent. À une échelle plus fine, presque toutes les agglomérations urbaines ont perdu des habitants depuis 1982, en partie au profit d'une auréole périurbaine plus ou moins large. Seule Reims a progressé continûment, accompagnée par Givet et Nogent-sur-Seine (dopées par les chantiers de centrales nucléaires), puis par Troyes depuis 1990.
Face à cette ambiance morose, les responsables régionaux se préoccupent de tirer le meilleur parti des atouts de la région, à l'intersection de deux grands ensembles, le Bassin parisien et le Grand Est. Il s'agit d'abord de poursuivre la valorisation du rôle de passage en améliorant les infrastructures. Après les autoroutes A4 Paris-Strasbourg via Reims, A26 Calais-Dijon et A5 Paris-Sens-Troyes, l'heure est venue du train à grande vitesse, avec l'appui financier des quatre régions concernées par le T.G.V.-Est. La première section, entre Vaires-sur-Marne et Beaudrecourt (Moselle) est mise en service en 2007, mettant Reims à quarante-cinq minutes du centre de Paris. C'est en fait une arme à double tranchant, qui peut fouetter l'économie rémoise, mais aussi faire de l'agglomération une grande banlieue de la capitale. Une autre infrastructure importante a vu le jour grâce à l'action du Conseil général de la Marne : l'aéroport de fret de Vatry, support d'une plate-forme logistique multimodale.
Plus globalement, l'aménagement du territoire régional doit se préoccuper simultanément de renforcer l'armature urbaine et de consolider les espaces ruraux fragiles, ce qui passe par le développement des agglomérations et des pays, ainsi que des structures intercommunales indispensables pour les faire vivre.
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