4. Une armature urbaine à renforcer
Le poids important de l'agriculture et de l'industrie laisse au secteur tertiaire une part nettement inférieure à la moyenne nationale, 64,3 p. 100 contre 71,9 p. 100 en 1999. Pourtant, Reims et Troyes avaient joué, pendant le dernier tiers du xixe siècle, un rôle pionnier dans un secteur essentiel du tertiaire, le commerce de grande distribution, avec la création de magasins à succursales multiples (Docks rémois, Établissements économiques, Comptoirs français, Goulet-Turpin, pour la première ville, Économiques troyens pour la seconde).
Commerces et services, par leur répartition, dessinent un réseau urbain imparfaitement hiérarchisé, car la Champagne-Ardenne a hérité de son histoire un réseau de villes moyennes dont aucune ne domine l'ensemble de la région, contrairement au cas de beaucoup d'autres régions françaises, telles la Bourgogne, la Franche-Comté ou l'Alsace, pour prendre ses voisines du Grand Est.
Reims, de loin la plus peuplée (215 000 habitants dans l'agglomération, en 1999) et dotée des fonctions les plus complètes, partage le contrôle de l'espace et les fonctions de rang supérieur avec Troyes et Châlons-en-Champagne. Elle rayonne sur une aire étendue, mais décentrée par rapport à la région, incluant les départements de la Marne et des Ardennes, mais aussi la plus grande partie du département de l'Aisne, qui dépend administrativement de la Picardie.
Troyes (121 000 habitants, dont 60 000 dans la ville-centre), l'ancienne capitale des comtes de Champagne, puis capitale de la bonneterie, assoit solidement son influence sur tout le département de l'Aube.
Entre les deux cités principales, Châlons-sur-Marne (61 000 habitants), redevenue Châlons-en-Champagne comme au temps des intendants, exerce la fonction de capitale politique et administrative de la région, mais partage en fait les fonctions directionnelles à égalité avec Reims. Charleville-Mézières (67 000 habitants) joue le rôle de relais tertiaire au milieu des agglomérations industrielles ardennaises.
En dessous de ces quatre villes principales, des agglomérations moyennes rayonnent sur un espace plus limité, Sedan, Épernay et Vitry-le-François au sein de l'aire d'influence de Reims, Saint-Dizier à la charnière des zones d'attraction de Reims et de Nancy, ou Chaumont dans un angle mort entre les aires tournées vers Troyes, Reims, Nancy et Dijon. Petites villes administratives ou industrielles et bourgs-centres complètent le réseau de lieux centraux.
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