
Chalon-sur-Saône, principale ville de Saône-et-Loire, bien qu'elle ne soit que sous-préfecture, doit son développement à sa situation de carrefour entre une belle voie navigable, la Saône, et trois voies terrestres : l'une qui file vers l'Alsace par le pied du Jura (l'actuelle N73), une autre qui, du Bassin parisien, va vers le sud (N6 et A6 dans le val de Saône), une troisième en direction de la dépression du Creusot où a été ouvert, en 1793, le canal du Centre et, plus tard, la route express Centre-Europe-Atlantique. Née à l'Âge du bronze, puis principal port des Éduens, la ville renforce son activité avec les Romains qui la baptisent Cabillonum, y construisent un pont en profitant de l'île Saint-Laurent et l'enserrent d'une première muraille, encore visible dans le plan urbain. À la fin du ve siècle, la ville devient la capitale d'un vaste royaume mérovingien. Au haut Moyen Âge, Chalon se dote de foires aux fourrures célèbres dans toute l'Europe et s'entoure d'une deuxième muraille. Ville frontière après l'annexion de la Bourgogne à la France en 1477, elle reçoit une nouvelle enceinte, rendue inutile lorsque la Franche-Comté devient française en 1678.
L'ouverture du canal du Centre fait entrer la ville dans l'ère industrielle dès 1839, quand Schneider délocalise une partie de ses usines au « Petit-Creusot », en face du confluent avec la Saône. Deux fois devancée par Mâcon, qui obtient la préfecture puis la bifurcation de la voie ferrée vers Bourg-en-Bresse, Chalon va bénéficier par la suite, grâce à son excellente situation, de l'implantation d'usines fabriquant du matériel électrique, des bouteilles (Saint-Gobain), et de Kodak, qui retrouve ici la patrie de Nicéphore Niépce, l'inventeur de la photographie. Puis l'agglomération souffre de la faillite du groupe Creusot-Loire ; toutefois, en s'appuyant sur les aides allouées au pôle de reconversion du Creusot et en pratiquant une politique active de recherche d'activités nouvelles, elle peut créer plusieurs milliers d'emplois nouveaux et demeure le premier centre industriel de Bourgogne (logistique, transports, informatique, communication) et la « ville de l’image » (création de Nicéphore Cité).
Près de 30 p. 100 des emplois sont encore fournis par l'industrie et le bâtiment. Kodak-Pathé, qui y a transféré l'ensemble de ses recherches européennes, reste le premier employeur, malgré des contractions d'effectifs dues à l'apparition du numérique, suivi de Framatome-Areva, Schneider (la filiale Gardy), Saint-Gobain Emballage, Philips, etc. Chalon-sur-Saône, centre important pour le commerce de gros, rayonne également par ses hypermarchés et ses services jusqu'à Beaune, Mâcon et Le Creusot ; le secteur tertiaire offre désormais 70 p. 100 des emplois. L'agglomération compte 109 656 habitants en 2007.
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