6. L'état présent des chaînes alpines
L'ensemble des chaînes alpines, des Caraïbes à l'Indonésie, n'est certainement pas au même stade d'évolution. Dans l'ensemble, jusqu'au Paléogène (35 Ma), il n'y eut qu'un continent septentrional de l'Amérique du Nord à l'Eurasie, tandis que le continent méridional du Gondwana s'était séparé bien avant en de nombreux fragments : Amérique du Sud, Afrique, Arabie, Inde, Australie (et Antarctique). Il y a ainsi autant d'ensembles alpins homogènes qu'il y a de continents méridionaux venus en collision avec les continents septentrionaux ; c'est-à-dire, outre le complexe caraïbe entre Amérique du Nord et Amérique du Sud : une ceinture péri-africaine (ce sont les chaînes méditerranéennes) ; un croissant ophiolitique péri-arabe (chaînes d'Asie Mineure, d'Iran et d'Oman) ; une suture péri-indienne (chaînes du Pakistan, de Chine méridionale et de Birmanie) ; une couronne ophiolitique péri-australienne (de l'Indonésie orientale à la Nouvelle-Guinée, la Nouvelle-Calédonie et le nord de la Nouvelle-Zélande).
Là où il n'y a pas de blocs continentaux, la subduction est toujours active, comme au niveau du Makrān, ou, plus encore, en Indonésie occidentale.
Même là où des continents se faisaient face, il se peut qu'en fonction du détail de leurs contours certaines zones soient restées en subduction, alors que la collision était réalisée depuis longtemps de part et d'autre : tel semble être le cas de l'arc égéen, sous lequel achève de se subducter la mer de Libye, qui est peut être le dernier témoin de la Téthys originelle dans le domaine méditerranéen.
Au contraire, en d'autres régions, en fonction du dessin des marges continentales, la collision a pu être réalisée très tôt et se poursuivre au-delà des structures habituelles à la collision : la suture ophiolitique s'étant fermée, les nappes ophiolitiques étant charriées sur les marges continentales et les contraintes se poursuivant, de vastes cisaillements plats se produisent dans l'un ou l'autre des continents, déterminant une tectoniqu […]
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