4. La tectogenèse et l'orogenèse andines
À l'Albien, les premiers signes du passage d'un régime où la distension est dominante à un régime marqué par la compression se font sentir.
En Colombie, à cette époque, se réalise la collision d'une partie des blocs exotiques à substratum océanique avec le continent. Dans le nord de la Cordillère centrale, des ophiolites chevauchent des roches continentales, avant d'être recoupées par un granitoïde d'âge crétacé supérieur. Une situation très semblable se présente dans la chaîne de Magellan, où ce chevauchement se fait vers le nord. Au Pérou, une partie de la zone côtière se plisse à ce même moment. Puis vient, dans les Andes centrales et méridionales, la succession des grandes phases de compression qui vont donner à la chaîne son architecture ; elles se situent à la fin du Crétacé, au Paléocène, à l'Éocène et au Miocène (en particulier vers sa fin). De fait, ce calendrier du déroulement des phases n'a pas partout la même valeur et rares sont les cas où l'âge des phases est bien précisé par les données paléontologiques ou géochronologiques. Quoi qu'il en soit, il est certain que partout la déformation se propage des zones internes de la future chaîne, proches du Pacifique, vers les zones externes. Certes, chaque phase de déformation reprend, en général en les accentuant, les structures les plus externes dues à la phase précédente, mais elle incorpore aussi à la chaîne, à l'avant, des secteurs jusqu'alors non déformés. Dans les Andes liminaires, les zones internes sont effectivement déformées précocement, mais faiblement, et on n'y observe que de vastes plis très ouverts dans lesquels les strates ne changent pas d'épaisseur. En position plus externe, on rencontre généralement des zones faillées qui sont souvent d'anciennes zones de changement de faciès associées à des failles normales s'aplatissant en profondeur. Lors des phases de compression, ces failles se réactivent, en compression cette fois, donnant des chevauchements qui souvent utilisent des niveaux de décoll […]
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