3. Un symphoniste
En 1847, Franck signait un premier poème symphonique, d'après Victor Hugo, Ce qu'on entend sur la montagne. L'œuvre de Liszt qui porte le même titre, publiée seulement en 1857, semble avoit été composée vers 1848-1849. Franck avait des modèles dans les ouvrages de Berlioz, les ouvertures de Mendelssohn ou les symphonies de Spohr, mais jamais avant lui un argument n'avait fait l'objet d'une véritable description musicale : Mendelssohn proposait une succession d'impressions, Berlioz l'évocation d'un être, d'une ambiance, d'une scène. Franck montre une affinité profonde pour Victor Hugo, qui lui servira plusieurs fois de source d'inspiration : deux mélodies (Passez, passez toujours, 1862 ; Roses et papillons, 1872) et Les Djinns, poème symphonique pour piano et orchestre (1884). Si ce premier essai symphonique n'est pas un coup de maître, la démarche est essentielle car elle innove profondément : au cours des années suivantes, de nombreuses partitions de forme analogue ou apparentée verront le jour, sous la plume de Liszt, Saint-Saëns, Smetana, Dvořák, Moussorgski... Après cette première tentative, Franck attendra près de vingt-cinq ans avant de revenir à l'orchestre avec Rédemption, dont le volet central est un véritable poème symphonique. Libéré d'une certaine contrainte, l'orchestre deviendra une préoccupation constante : seul, en oratorio ou simplement par sa façon de traiter la musique de chambre, le piano ou l'orgue.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



