3. Le programme
Sous le nom de « conception scientifique du monde », le programme commun caractérise un « tournant de la philosophie » (Schlick). Il présente trois principes majeurs.
1. La science doit pouvoir être unifiée dans son langage et dans les faits qui la fondent. Toute connaissance scientifique, en effet, vient soit de l'expérience, soit de la « mise en forme tautologique de la pensée ».
2. La philosophie, qu'elle soit (Carnap, Reichenbach) ou ne soit pas (Schlick) considérée comme une véritable science, se réduit à une élucidation des propositions scientifiques portant directement ou indirectement sur l'expérience, propositions que les sciences elles-mêmes ont pour tâche de vérifier. La philosophie sera donc avant tout philosophie de la science ; et, s'occupant de cet aspect positif de la connaissance humaine, elle tendra vers une effective objectivité (Reichenbach, introduction au no 1 d'Erkenntnis). Afin de rendre clair le langage de la science, elle utilisera le symbolisme logique de Frege et de Russell.
3. Le succès d'une telle philosophie annonce la fin de la métaphysique : « Car il ne sera plus nécessaire de traiter des « questions philosophiques », puisque de toute question on traitera philosophiquement, c'est-à-dire dans un langage clair et pourvu de sens » (Schlick, Die Wende der Philosophie). Et les questions traditionnelles de la métaphysique apparaîtront alors comme ne portant que sur des mots dont le sens n'avait pas été suffisamment éclairci, et sur des propositions invérifiables.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



