Méditant sur le symbolisme du centre, C. G. Jung évoque une image qui, dans l'hindouisme, présente Maya comme une araignée tissant, au centre de sa toile, le monde illusoire des sens. Il s'agit selon lui d'une image adéquate pour exprimer la peur de la conscience restreinte au moi, devant les processus inconscients. Le symbole du centre, symbole d'orientation psychique, permettrait à la psyché personnelle de se frayer lentement un chemin « à travers le chaos apparent » des illusions mises en place par le moi. Laleh Baktiar, dans son livre Le Soufisme, fait remarquer que le symbole de la toile d'araignée recèle une pluralité de niveaux d'interprétation. Rappelant la tradition soufie selon laquelle « je ne suis qu'un message de Dieu à Dieu », Baktiar identifie ce message à la toile « tissée à partir de ce qui est intérieurement transformé ». La forme concentrique patiemment tissée n'est possible que par « une transformation spirituelle intervenant au centre ». Piège, monde de l'illusion sensible et des contraires, mais tout autant chemin de délivrance, œuvre de salut, symbole de transformation, le symbole du centre enserre en soi l'énigme de la connaissance symbolique qui […]
