À dix-neuf ans, Célestin Nanteuil atteint en même temps la célébrité et sans doute le sommet de son talent. Ce « jeune homme moyen âge », selon l'expression de Théophile Gautier, s'impose dans ses eaux-fortes et ses lithographies comme l'interprète idéal des romantiques, de Victor Hugo à Alexandre Dumas, de Gérard de Nerval à Pétrus Borel. Les quatre frontispices commandés en 1832 par le libraire Renduel pour des œuvres de Victor Hugo constituent les modèles du genre : dans le Portrait de Victor Hugo et Notre-Dame de Paris, il enserre comme autant de médaillons la scène centrale et les scènes annexes dans un décor d'un gothique aussi imaginaire que flamboyant, articulé en retable. Un dessin volontairement naïf et abrégé, un usage répété du clair-obscur composent une imagerie à la fois fantastique et primitive qui convient parfaitement aux aspirations médiévales du premier romantisme. La contribution de Nanteuil aux Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France du baron Taylor (Moissac, Amiens) est une des grandes réussites de cet ouvrage capital pour le retour au Moyen Âge.
Nanteuil allait devenir le vignettiste talentueux (et presqu […]
