2. Cadre historique et littéraire
Les recherches les plus récentes amènent à diviser comme suit la ciographie de Catulle : 82-66, enfance et adolescence à Vérone et dans la région ; 65-61, première période romaine ; 60-59, seconde période véronaise ; 58-57, une année et quelques mois à Rome ; printemps 57 à printemps 56 : séjour en Bithynie avec Memmius ; 56-52, fin d'existence à Vérone, Sirmio, Rome, la Sabine.
Il faut insister sur le cadre alpestre (le Bénacus, l'actuel lac de Garde) et le climat religieux, moral, culturel (importance de la rhétorique dans l'éducation ; étude précoce de Sappho, d'Archiloque, des poètes hellénistiques) où Catulle a grandi et ne cessera de se retremper. Et à Rome même, la plupart de ses amis, les « poètes nouveaux », étaient, comme lui, d'origine cisalpine. Mais, pour toute approche de l'homme et de l'auteur, nous ne disposons que de son recueil : brèves poésies de circonstance, épithalames, élégies, compositions érotico-mythiques, épigrammes virulentes.
Manifestement, une telle œuvre a vu le jour dans une ambiance tumultueuse de contestations, de gageures, d'enthousiasmes et d'amertumes, ayant pour aliments : les scandales mondains (ou politiques, souvent indissociables) et un érotisme exacerbé ; l'inquiétude ou l'indignation devant l'ascension démagogique des césariens ; une fervente solidarité avec les « modernes » dans leurs polémiques contre les tenants attardés de la poésie annalistique : conviction – née d'un commerce assidu, sans doute, avec l'alexandrinisme, mais aussi d'une expérience personnelle intensément vécue – que l'érudition mythologique, la virtuosité d'une savante technique, un labeur acharné enfin sont tout aussi indispensables qu'une grande passion amoureuse à l'incantation poétique.
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