Quand les Russes mettent Marienbourg à sac en 1702, Marthe Skavronskaïa fait partie du butin. Les témoignages postérieurs auront beau jeu, connaissant l'origine modeste de l'impératrice, de dénigrer sa taille « petite et ramassée », son teint « fort basané », son maintien « sans air ni grâce ». Il faut croire pourtant qu'elle ne manquait pas de charme, à en juger par sa biographie : orpheline d'un paysan livonien, elle entre au service d'un pasteur luthérien, puis épouse un dragon suédois. Le général Cheremetiev, qui commande à Marienbourg, en fait sa maîtresse, mais la vend ensuite à Menchikov. Enfin, Pierre le Grand, en 1703, l'enlève à son fidèle serviteur et ami. Elle partage la vie du souverain, elle le suit à la guerre et ne recule ni devant les orgies, ni devant la vie des camps. Quand, en 1711, lors de la campagne menée sur le Prout contre les Turcs, Pierre Ier risque l'encerclement et la captivité, c'est elle qui ranime son courage et lui communique son sang-froid. Avec un beau mépris de l'opinion, il l'épouse en 1712 et la fait couronner impératrice en 1724.
Elle n'est pas pour autant désignée pour lui succéder et, lorsque Pierre meurt intestat en 1725 […]
