5. L'œuvre culturelle
• L'action éducatrice
Si les succès de la Révolution devaient rejeter Catherine aux antipodes de son libéralisme primitif, son intransigeance finale ne saurait faire oublier son œuvre de mécène et, comme elle aimait à s'appeler, d'« éducatrice ». Jamais en effet Catherine ne devait cesser de s'intéresser aux problèmes d'éducation, auxquels son Instruction la montrait ouverte, pour des raisons d'ordre principalement social, dès le début de son règne. À défaut de pouvoir implanter ce réseau hiérarchisé d'écoles dont elle paraît avoir rêvé, elle n'en chercha pas moins à décalquer le système autrichien et tenta (ukase du 5 août 1786) de diffuser l'enseignement primaire en Russie. Le manque de personnel devait couper court à ces projets, et s'opposer également à la fondation d'universités nouvelles ; fidèle à la tradition de Pierre le Grand, elle créa cependant, outre l'école de l'Académie des sciences, le corps des cadets (artillerie et génie) et l'institut Smolny, imité de Saint-Cyr. Institutions aristocratiques certes, mais qui n'en jetaient pas moins, de pair avec quelque 300 écoles primaires et secondaires, les bases d'un enseignement public qui mettra longtemps à se développer.
Un même souci pédagogique imprégnera également son activité littéraire, où elle apportera, comme en tout, plus d'application que de génie. Aussi fervente de culture française que favorable – à travers l'Académie des sciences qu'elle honorera de sa protection – au perfectionnement de la langue russe, elle devait manifester une véritable prédilection pour le théâtre, dont elle favorisera l'éclosion en Russie. « Le théâtre est l'école de la nation, il doit être absolument sous ma surveillance [...] parce que mon premier devoir devant Dieu est de répondre des mœurs de mon peuple. » Ce souci de régenter et de censurer les lettres devait parfois dégénérer en lutte ouverte : polémique avec Novikov, satiriste et franc-maçon, qui paya de quatre ans de cachot (1792-1795) son activité d'édite […]
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