2. Le « despote éclairé »
• L'amie des philosophes
À la différence de son mari, dont les préférences allemandes et luthériennes avaient précipité la chute, Catherine s'emploie aussitôt à asseoir sa popularité. « Citoyenne de l'Europe », comme elle s'appelait, autant que de Russie, et plus ou moins sincèrement éprise de « Lumières », elle ne tarde pas à se tailler une réputation de libéralisme, vite amplifiée aux quatre coins de l'Europe. À peine sur le trône, elle avait, il est vrai, multiplié les avances à la « philosophie » : non contente d'offrir à d'Alembert, qui se récusera, le préceptorat de son fils Paul, elle rachète plusieurs fois son prix sa bibliothèque à Diderot, offre à Voltaire des subsides dans l'affaire Calas, et s'attelle même à la traduction du Bélisaire de Marmontel. « Tous ceux qui cultivent les lettres [...] se regardent comme vos sujets », lui écrit alors Grimm, publiciste en vogue. Premier hommage qui devait être suivi de beaucoup d'autres.
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