
L'édifice gothique actuel a remplacé, au xiiie siècle, une construction de la fin du xe et du début du xie siècle, dont ne subsistent maintenant que la partie occidentale de la nef (la basse œuvre) et les fondations du transept et du chœur, découverts en 1971-1973 sous le dallage du transept gothique ; l'intérêt de ces constructions est considérable pour les origines de l'art roman. Le début des travaux de la cathédrale actuelle doit se placer vers 1225 comme l'affirme Branner, et non en 1247 comme on l'a quelquefois pensé. Le chœur a dû être achevé vers 1270 ; ses voûtes s'écroulèrent partiellement en 1284, ce qui obligea à modifier les supports intérieurs en doublant leur nombre. La reconstruction du chœur fut longue (jusque vers 1310) et absorba les ressources du chapitre. Les travaux ne furent repris, dans le transept, qu'en 1500 pour s'achever vers le milieu du siècle ; la nef n'a jamais été bâtie.
Par sa hauteur sous voûtes (48,20 m), la cathédrale de Beauvais est une des constructions les plus audacieuses du Moyen Âge, une sorte de point d'apogée des spéculations constructives. On y a combiné le plan typique du début du xiiie siècle, à transept flanqué de collatéraux, et une élévation à déambulatoire très élevé, directement éclairé (comme à Bourges). La très grande hauteur des voûtes a provoqué l'étirement des proportions intérieures et l'établissement, à l'extérieur, d'un système de butement très développé, dont l'effet est fantastique. Dans une certaine mesure, le parti de la cathédrale de Cologne, commencée en 1248, s'inspire de celui de Beauvais ; il faut pourtant reconnaître que, dans la seconde moitié du xiiie siècle, on ne s'attache plus à donner aux édifices des proportions aussi vastes.
Parmi les œuvres d'art les plus remarquables qu'elle abrite, on doit signaler les vitraux du xiiie siècle (chapelle rayonnante centrale et fenêtres hautes du chevet), ceux du xive et du xvie siècle (Déposition de Croix, par Enguerand Leprince, 1522, dans le transept), ainsi qu'une série de tapisseries, datées de 1460-1461, représentant la vie de saint Pierre.
Le programme de restauration a longtemps été confronté au grave problème posé par la stabilité de l'édifice. Celle-ci, en effet, a été rendue précaire par la suppression, au cours des années 1960, des tirants métalliques qui renforçaient les arcs-boutants du chevet. Finalement, en 1993, un dispositif d’étaiement a été mis en place dans le transept et le chœur.
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