Du haut de sa colline, la cathédrale de Laon, dressée comme une carène de vaisseau, regarde au loin la plaine et les carrières d'où les bœufs ont monté, pendant près d'un siècle, les pierres qui ont servi à sa construction. Site unique en France, ce plateau en forme de butte constitue un piédestal royal à la ville altière. Cette singulière colline se divise en deux branches : l'une, à l'est, porte la ville, la cathédrale et à son extrême pointe la citadelle ; l'autre, au sud, le quartier des Creuttes et l'ancienne abbaye de Saint-Vincent.
Beaucoup d'archéologues aimeraient retrouver dans ce verrou de la vallée de l'Oise l'antique Bibrax, place de guerre des Rémois, alliés de César (le musée d'Art et d'Antiquité, fondé en 1851 par la Société académique, contient une riche collection, résultat de nombreuses explorations locales). Sous les Mérovingiens, Laon (Laudunum) hésite entre appartenir au royaume de Soissons ou à celui d'Austrasie. Pépin le Bref l'intègre dans le domaine carolingien. En 882, face à une résistance vigoureuse, les Normands échouent devant ses murailles. Elle conserve encore des vestiges des anciennes fortifications, plus récentes, il est vrai : les porte […]
