6. Catastrophes, géographie et économie
Nous avons évoqué les liens étroits qui pouvaient se tisser entre les catastrophes, d'une part, et les diverses cultures (perception du risque) et les démocraties (prise de risque), d'autre part. Il existe d'autres disparités.
À l'échelle de la planète, le nombre de victimes imputables aux risques naturels (RN) [hormis les épidémies] est seize fois plus important que celui des victimes des risques industriels (RI). Ce rapport cache une autre réalité : il est de 19 dans les pays en développement (en incluant la Chine et l'Inde), de 0,8 en Europe (27 États) et de 0,7 en Amérique du Nord. Au vu de ces chiffres, on peut imaginer deux liens de causes à effets. Le premier est qu'il se déroule plus de catastrophes naturelles dans les pays du Sud, ce qui est vrai, d'autant plus vrai si l'on considère que l'hémisphère Sud est plutôt océanique et le Nord plutôt continental. Le second pourrait laisser à penser que les pays moins développés, en raison de la structure même de leur économie, seraient moins lourdement frappés par les catastrophes industrielles. La réalité est tout autre et rend encore plus significatif les chiffres du rapport RN/RI : pour les pays du Sud, le nombre cumulé des victimes des sinistres technologiques est trois fois plus important que pour l'Europe et l'Amérique du Nord. Quelles sont les causes de telles disparités ?
Inégalité naturelle, la tectonique des plaques impose que la plupart des séismes et des éruptions volcaniques se produisent aux limites de celles-ci. Il en va de même des cyclones et des typhons qui se déroulent à des latitudes (qui remontent avec le réchauffement climatique) où la température des océans est supérieure à 26 0C et la force de Coriolis (due à la rotation de la Terre) suffisamment importante. Il en va de même pour les invasions de criquets, les moussons, etc. Cependant, chacun de ces fléaux doit être pondéré d'un facteur économique. Par exemple, les deux séismes de même magnitude (7) sur l'éc […]
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