3. La prise de risque
La prise de risque suppose une bonne perception du risque et s'appuie sur la fiabilité, ou non, de la prévision de tel ou tel événement. L'avis du scientifique est toujours sollicité mais non déterminant, car d'autres critères, en particulier économiques, influent sur les prises de décision des autorités responsables.
Les prises de risque individuelles peuvent être d'ordre sociologique (alcoolisme, tabagisme, accidents de la route, etc.), et correspondent à des réalités personnelles. Mais d'autres sont directement liées à l'obligation de survie, notamment dans les régions particulièrement pauvres. Les cendres déposées après une éruption volcanique explosive ou les limons amenés par de redoutables inondations constituent les terres les plus fertiles : les populations reviennent s'installer après les désastres, malgré une bonne perception des risques encourus. Le Bangladesh, pays de mousson, est situé au pied des montagnes les plus hautes du monde (forte hydrographie) et au ras de l'eau. À chaque arrivée de cyclone (1,5 par an), la montée des eaux marines, due aux baisses de pression atmosphérique, et les précipitations inondent de 20 à 60 p. 100 de ce pays, provoquant des dizaines de milliers de victimes. Dès qu'une nouvelle île naît du delta après une inondation, des familles s'y installent, en attendant d'être balayées par un prochain cataclysme. Ont-elles le choix ?
Les prises de risque collectives, concernant essentiellement les risques majeurs, ne s'embarrassent que très inégalement de l'opinion publique. Dans le cas des séismes, si la perception du risque est bien réelle, la prévision de ces événements est quasi nulle. Pour la plupart, on connaît les zones où ils risquent de se produire, mais on ne peut pas dire quand. La seule approche fiable s'établit sur les grandes failles tectoniques le long desquelles les portions où il ne s'est pas produit encore de séisme, c'est-à-dire là où les contraintes accumulées par les confrontations des plaques lithosphériques ne se son […]
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