4. L'art catalan
• Jusqu'à l'époque romane
À l'école de la Grèce et de Rome
Sur le magnifique golfe de Rosas, où le ciel et la mer évoquent déjà la Grèce, deux cités phocéennes se succèdent. De la plus ancienne, la Palia Polis, resserrée dans l'îlot de Sant Martí d'Empúries, nous ne savons pratiquement rien. Mais on peut contempler les ruines de la Nea Polis, qui s'étalait largement sur la terre ferme. De là proviennent d'importantes sculptures et de beaux objets qui sont pour la plupart présentés dans les musées archéologiques de Gérone et de Barcelone.
Par l'intermédiaire des Grecs, les Ibères acquirent certains éléments de la civilisation antique. Ces apports favorisèrent l'art de la céramique et, à un degré moindre, le travail du bronze, la joaillerie et l'orfèvrerie.
Bien plus importante se révèle l'influence de Rome. Dès le iie siècle avant notre ère, elle incorpora la péninsule Ibérique à son empire et nulle part sa présence ne fut plus manifeste que sur ces rivages méditerranéens où plusieurs cités, modelées à son image, diffusèrent sa langue, sa manière de vivre, sa religion et son art.
Tarragone, qui fut capitale de province, conserve encore la topographie heurtée de la ville antique, cependant que plusieurs monuments, plus ou moins bien conservés, parlent de sa splendeur à l'époque de la paix romaine. À l'intérieur d'une enceinte aux assises inférieures cyclopéennes, on trouve, à des niveaux successifs, les ruines d'un cirque, les restes d'un édifice imposant baptisé palais d'Auguste et l'emplacement des temples de Jupiter Ammon et d'Auguste. D'autres monuments annoncent de loin la présence de la cité : un aqueduc majestueux, l'arc de triomphe dénommé Arco de Barà et le tombeau dit « des Scipions ».
Barcelone occupait le second rang. Sur le mons Taber se dressait un temple dédié à Auguste, dont trois colonnes restent en place. Vers la fin du iiie siècle, à la suite […]
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