3. Vie économique
Les milieux naturels de la Catalogne sont divers, le relief est fragmenté et troué de quelques bassins où les hommes se concentrent dans les villes, la montagne est souvent qualifiée de traditionnelle par les urbains, et le littoral jugé artificiel, notamment par ceux qui défendent les valeurs écologiques et patrimoniales. Ces ensembles jouent sur des complémentarités valorisées par la gestion politique et l'organisation économique de la région. On parle alors « des Catalognes », afin de souligner les éléments qui solidarisent et unifient. Tout d'abord, la montagne répond à des tonalités vertes, plus européennes qu'ibériques. Parcs naturels et stations d'altitude ont conquis aujourd'hui ses versants et ses sommets, et son économie est largement dépendante des flux saisonniers métropolitains et européens. Ensuite, le littoral catalan a permis à l'Espagne, avant l'aménagement du Sud, de s'ouvrir au tourisme. Dès 1950, plus d'un million de touristes séjournent sur la Costa Brava, submergeant ainsi les premières installations d'infrastructures et de résidences mises en place par la bourgeoisie catalane des années 1920. Toutefois, en termes de fréquentation touristique, la Catalogne a perdu sa première place : en 2005, elle enregistre environ 25 millions de nuitées contre plus de 30 millions en Andalousie. Enfin, les villes catalanes ont bénéficié des implantations industrielles du xixe siècle, et confortent leur position parmi les villes d'Espagne grâce aux retombées – sous forme de résidence et de pôles d'activités tertiaires – de la métropole barcelonaise. Par ailleurs, la répartition de la population traduit les partitions géographiques de la région. Le littoral, et plus particulièrement la conurbation de Barcelone, sont parmi les espaces régionaux les plus denses de l'Union européenne. L'intérieur des terres, en revanche, fait partie des zones les moins peuplées. Entre 1990 et 2005, la Catalogne a gagné quelque 730 000 habitants (+ 12 p. 100), surtout dans l […]
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