2. La singularité d'une vocation
La note dominante du Carmel est l'amour. Un amour résultant d'une constante présence à la Présence divine. Carmes et Carmélites sont les héritiers de leur père Élie, dont il est dit : « Alors le prophète Élie se leva comme un feu / Sa parole brûlait comme une torche » (Siracide, xlviii, 1). Ainsi la vocation carmélitaine consiste à provoquer une orientation affective et à la maintenir par la prière dans le cœur des hommes. Mis à part quelques monastères, tel celui du Reposoir (Cluses), les carmels se situent dans les villes et non dans des lieux écartés comme les couvents des Chartreux et des Cisterciens, qui préfèrent les sites sauvages, les rochers, les montagnes, les vallées et les îles. Aucune architecture précise n'indique l'emplacement d'un carmel, dont la chapelle est toujours accessible aux passants. Parmi les ordres contemplatifs, les Carmes se situent à part. Ils sont voués au silence, tout en se tenant au courant des événements extérieurs ; ils ignorent la beauté des espaces calmes éloignés des habitations. Pour eux, le désert se réalise intérieurement. Les Carmélites ont eu, durant longtemps, une activité missionnaire, qu'elles conservent encore grâce à leurs relations épistolaires avec des religieux évangélisant des contrées lointaines. Ces derniers confient leur solitude à l'affectueuse compassion de ces femmes dont la vie austère stimule leurs efforts et soutient leur esseulement. Aujourd'hui, les Carmes sont peu nombreux. Ils se divisent en France entre deux provinces : Avignon et Aquitaine (trois centres) et Paris (quatre centres). En revanche, on trouve en France cent seize monastères de Carmélites.
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