Née des querelles d'interprétation que la traduction des textes sacrés avait suscitées, la doctrine de Carlstadt traduit surtout la volonté d'indépendance qui se manifeste au début du xvie siècle, en Allemagne, contre le formalisme et l'intransigeance du parti luthérien. Bien qu'il restât attaché au respect de l'ordre, ne prenant parti ni pour les iconoclastes ni pour Thomas Münzer, qu'il fréquenta cependant, il s'approcha souvent des positions anabaptistes et défendit, comme Hans Denck, l'absolue priorité de la foi sur la lettre.
Andreas Carlstadt, après de brillantes études de théologie et de philosophie aux universités d'Erfurt (1499) et de Cologne (1500), devient professeur de théologie à l'université de Wittemberg ; il obtient, en 1516, son diplôme de docteur en droit à Sienne. De retour à Wittemberg, il prend parti pour Luther, attaque Rome et commente la Bible, dont il devient un exégète […]

