Enseignant et humaniste, il est le père spirituel de la génération catalane des années qui suivent la guerre civile (1936-1939). Poète, critique et traducteur, il a prétendu, dans ces différents champs d'activité, être celui qui ouvre la voie. Sa conception du poète-prophète rejoint son inclination pour un enseignement de type socratique. Ceux qui furent en 1936 la jeune génération lui doivent leur force et peut-être même le simple fait d'exister.
Critique, son œuvre est à l'écoute des voix nouvelles. Il n'a jamais prétendu ériger en condamnation sa critique ; aussi, en ce domaine, son œuvre reste-t-elle davantage celle d'un pédagogue que celle d'un théoricien. Il s'efforce toujours de dégager l'essence de l'œuvre étudiée, plutôt que sa valeur intrinsèque. Cela explique les nombreux prologues consacrés aux premières tentatives de ses élèves. Il fonde sa critique sur l'intuition et, tout en appliquant aux textes d'autrui les mêmes critères de rigueur et de contention qui sont les siens, il reste avant tout disponible. Son effort de compréhension et sa volonté d'ouverture témoignent de sa générosité (Els Marges, 1927 ; Per comprendre, 1937 ; Més els poe […]
