Écrivain allemand, auteur d'essais et de nouvelles, mais essentiellement connu pour ses comédies, Carl Sternheim naquit dans une famille de banquiers et s'essaya d'abord à la tragédie. Ses premières pièces — certaines écrites en vers — obéissent aux lois de la « grande forme ». Le Sauveur, Judas Iscariote trahissent l'influence scandinave (Strindberg, Ibsen) comme celle du pathétique néoromantique. L'hétérogénéité du ton et des milieux, surtout bourgeois, renvoie à une esthétique « épigonale » avec laquelle Sternheim rompt en 1910 avec La Culotte, qui connut un succès de scandale.
La « tétralogie de Maske » comprend, outre La Culotte, 1913, Le Snob et Le Fossile. Elle forme le noyau sur lequel se construit alors le cycle dit des « comédies de la vie héroïque et bourgeoise ». La puissance du dramaturge Sternheim tient à la brutalité de sa langue (« l'allemand dépouillé »), à la violence des conflits dominés par le déchaînement de l'Éros et l'appât de l'argent, à l'actualité des types dont les plus remarquables sont des révélateurs vigoureux de la société wilhelminienne.
Sternheim peut être tenu pour le cri […]
