Scénariste autrichien, et l'un des artistes auxquels le cinéma allemand doit sa grande époque : 1919-1925. Mayer n'a jamais écrit de romans ni de pièces de théâtre : il a toujours composé en images seulement, et ses manuscrits abondent en suggestions techniques que le metteur en scène n'avait qu'à exploiter (y compris les mouvements de caméra). Aussi est-il malaisé d'imaginer ce que lui doivent Wiene (Le Cabinet du docteur Caligari, 1919
; Genuine, 1920), Gerlach (Vanina, 1922), Lupu-Pick (La Nuit de la Saint-Sylvestre, 1923), Murnau (Le Dernier des hommes, 1924 ; Tartuffe, 1925), Ruttmann (Berlin, Symphonie d'une grande ville, 1928), pour ne citer que quelques titres. À part Fritz Lang (qui avait son épouse Thea von Harbou pour scénariste), Pabst et Leni, tous les meilleurs réalisateurs allemands ont été inspirés par ses adaptations et ses scripts originaux. Quand Murnau partit pour les États-Unis, il adapta pour lui Le Voyage à Tilsit de Hans Sudermann, qui devint L'Aurore (Sunrise, 1927), et Les Quatre Diables (Four Devils), de Hermann Lang, qui fut transposé au cinéma sous le même titre en 1929. Il se contenta dans la suite du rôle de conseiller de Paul Czinner à Berlin et à Paris, puis, à Londres, de divers réalisateurs de documentaires (il devint un ami intime de Paul Rotha) et de cinéastes adaptant des pièces de théâtre. Il mourut dans une misère noire, oublié de tous.
Photographie
Le Cabinet du docteur Caligari Le Cabinet du docteur Caligari, le film-manifeste de l'école expressionniste allemande, de Robert Wiene, sur un scénario de Carl Mayer (1919).
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Victor BACHY
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