3. Le dernier saut
Les Jeux de Barcelone sonnent comme le chant du cygne pour celui que tous surnomment désormais « King Carl ». Il est âgé de trente et un ans, et semble sur le déclin. Il ne réalise plus aucune performance notable, disparaît même des stades en 1994 et en 1995, car les séquelles d'un accident de la route survenu en 1993 le font souffrir du dos. Il souhaite cependant tenter de se qualifier pour les Jeux d'Atlanta en 1996. Il échoue lors des sélections américaines sur 100 mètres comme sur 200 mètres. Néanmoins, avec un bond de 8,30 mètres, il gagne son billet pour le concours du saut en longueur. Le 29 juillet 1996, à son troisième essai, Carl Lewis retombe à 8,50 mètres. Au regard de sa carrière, cette performance semble modeste. Mais il n'avait plus réussi un tel saut depuis les Jeux de Barcelone en 1992, et ce bond lui suffit pour remporter un quatrième titre olympique consécutif à la longueur. Sur le podium, il versera quelques larmes : pour la première fois, l'homme hautain et dédaigneux fait preuve de modestie. « Cette victoire-là est sûrement celle qui m'a apporté le plus. C'est aussi celle qui m'a coûté le plus d'efforts, de peines et de souffrances », déclare-t-il avant de ranger définitivement ses pointes.
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