Région montagneuse, la Carie s'étend au sud-ouest de l'Asie Mineure. Les pentes verdoyantes et le relief difficile du massif cristallin, qui bordent la Méditerranée, font place dans l'intérieur à de hautes plaines partiellement karstiques déjà très dénudées (poljé de Muǧla, plaines de Tavas et d'Aci Payam) encastrées dans des massifs calcaires (Boz daǧ, 2 421 m). Les deux villes les plus importantes sont Muǧla et Milas.
L'origine des Cariens a fait l'objet de nombreuses controverses, la tradition grecque les faisant venir des îles de l'Égée qu'ils auraient abandonnées à l'arrivée des Grecs. Les Cariens forment en réalité de petites communautés pastorales dépendant de dynastes locaux ou de sanctuaires tels que celui de Mylasa. Très tôt, des contacts s'établissent entre les Cariens et les cités grecques de la côte, singulièrement Cnide et Halicarnasse. On trouve des Cariens parmi les mercenaires qui servent en Égypte au ~ vie siècle, et les Cariens, passés sous la domination perse, participent aux côtés des Grecs à la révolte de l'Ionie (~ 499). Au ~ ve siècle, les cités de la côte carienne font partie de la ligue attico-délienne. Mais c'est au ~ ive siècle que va se développer dans le pays une brillante civilisation, en particulier autour du dynaste Mausole (~ 377-~ 353), qui réussit à s'émanciper presque complètement de la tutelle perse et fait d'Halicarnasse sa capitale. Il aide les cités grecques à se révolter contre la domination athénienne, lors de la guerre des Alliés. Mais son nom restera surtout attaché au monument funéraire que lui fait élever sa sœur et épouse, Artémise, et à la décoration duquel travaillent les plus grands sculpteurs grecs de l'époque, tels Scopas, Bryaxis, Timotheos, et Léocharès.
Claude MOSSÉ
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