Un typographe manipule des caractères d'imprimerie parce que, dans l'ancienne Grèce, τ́υπος aussi bien que χαρακτ́ηρ étaient des marques qui, imprimées sur une série d'objets, indiquaient que ces objets avaient une relation entre eux, par exemple d'appartenir au même propriétaire. Par métaphore, types et caractères furent bientôt les termes désignant les séries d'êtres humains ayant en commun certaines attitudes devant la vie, appartenant aux mêmes familles d'esprit. C'est pourquoi on appellera types en anthropologie différentielle les regroupements de spécifications individuelles qui ne sont liées ni à l'âge, ni au sexe, ni à la race, ni à l'époque, ni aux conditions socio-professionnelles, ni à la pathologie. Physiologues et médecins, surtout observateurs du corps, ont décrit des morpho-types et des biotypes (constitutions, plutôt anatomiques ; tempéraments, plutôt physiologiques), auxquels ils ont rattaché des traits de caractère de nature psychologique, tandis que psychologues et moralistes ont plus particulièrement nommé caractères (depuis Théophraste) les structures psychologiques fondamentales sous-jacentes à la personnalité et susceptibles de regroupement ; des morphopsychologues ont tenté de trouver des corrélations entre caractères et morphotypes. Enfin d'autres voies de recherche, comme la graphologie, les sciences conjecturales et la psychanalyse font usage de types psychologiques plus ou moins comparables à ceux découverts par la recherche objective.
1. Définition et justification
Le caractère est l'invariant d'une personnalité, la structure et le style d'une mentalité individuelle tels qu'ils se révèlent dans les conduites et tels qu'ils se dégagent progressivement au cours de l'enfance et se maintiennent jusqu'à la vieillesse à travers les aventures de la vie, les rencontres, l'éducation, la profession, les maladies. On le suppose généralement aussi congénital que la constitution et le tempérament, et c'est la superposition au caractère des acquis de l'histoire individuelle (constellati […]
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