6. Une indépendance difficile
En revanche, Lisbonne ne réussit pas à contrer la propagande du P.A.I.G.C. dans les îles, et le coup d'État du 25 avril 1974 au Portugal permet au parti de s'y installer au grand jour et de grignoter les réticences du Portugal qui, malgré le général Spínola, doit reconnaître l'indépendance du Cap-Vert sous l'égide du P.A.I.G.C. (5 juill. 1975). Le seul avantage remporté par le Portugal dans cette déconfiture coloniale est d'obtenir que l'indépendance du Cap-Vert soit distincte de celle de la Guinée-Bissau, bien que le même P.A.I.G.C. soit aux commandes dans les deux républiques appelées, dans les statuts du parti, à se fédérer.
Et c'est là que le bât blesse entre 1975 et 1980, car, si le premier président du Cap-Vert, Aristides Pereira, est bien simultanément le secrétaire général d'un P.A.I.G.C. commun, et si le parti n'a d'autre ambition que l'unité des deux républiques sœurs, les antagonismes entre Cap-Verdiens et Guinéens ne s'en trouvent pas effacés pour autant. Lorsque Luís Cabral, demi-frère d'Amílcar Cabral (l'initiateur de l'idée d'une union interétatique et père posthume de l'indépendance des deux pays), est renversé en Guinée-Bissau (nov. 1980), cette construction boiteuse où un même parti gouvernait deux États distincts reçoit un coup fatal.
En janvier 1981, la branche cap-verdienne du P.A.I.G.C. tire les conclusions de l'élimination politique de Luís Cabral et des Cap-Verdiens en Guinée-Bissau, et se rebaptise Partido africano da independência de Cabo Verde (P.A.I.C.V.), sans plus de référence à la Guinée-Bissau qui, aux yeux des historiens, aura bel et bien tiré les marrons du feu pour le Cap-Vert. La chimère d'une union entre les deux États n'existant plus, il reste à préciser que le régime cap-verdien, sous l'autorité d'Aristides Pereira, a su faire preuve d'un pragmatisme et d'une souplesse auxquels les déclarations et la doctrine du P.A.I.G.C. avant l'indépendance n'avaient pas préparé les observateurs.
Intransigeant sur les […]
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