5. L'histoire coloniale
La « découverte », soit par les navigateurs vénitien Alvise da Cá da Mosto et génois Antoniotto Usodimare en 1456, soit par le Portugais Diogo Gomes et le Génois Antonio de Noli en 1460, fait l'objet de débats, mais il est également possible que les îles aient été antérieurement visitées par des Africains. L'archipel désert est divisé en capitânias, concédées au Portugal qui les peuple avec quelques émigrants métropolitains, mais surtout des esclaves tirés du continent et notamment de l'actuelle Guinée-Bissau. Les premiers colons s'installent en 1462 et fondent à Ribeira Grande, sur l'île de São Tiago, la première ville européenne sous les tropiques. L'éloignement du Portugal, le climat, la qualité des sols interdisent toute agriculture comparable à celle qui fut implantée à Madère ou aux Canaries. En fait, les îles servent surtout aux négriers qui y ont leurs dépôts. Ribeira Grande atteint son apogée au xvie siècle, mais les attaques de pirates et corsaires néerlandais et britanniques ruinent cette prospérité factice. Le coup de grâce est donné par les Français en 1712, et la capitale est abandonnée au profit de Praia à partir de 1770. Entre-temps, la grande propriété colonise l'intérieur de São Tiago à l'aide d'esclaves, le tout sous la menace de la sécheresse récurrente. Le Portugal, hypnotisé par le Brésil, se désintéresse de l'archipel, occasionnellement confié à des compagnies de commerce qui obtiennent le monopole de la traite guinéenne dans le système portugais. En réalité, si l'archipel domine la vie économique des comptoirs portugais de Sénégambie, il leur doit en contrepartie l'essentiel de son peuplement. Cette symbiose indigente entre le continent et les îles persistera jusqu'à l'abolition effective de la traite transatlantique et au détachement administratif de la Guinée (1879). On notera cependant que la conquête de la Guinée sera réalisée en partie avec l'aide de soldats et de fonctionnaires cap-verdiens jusqu'en 1915 et même au-delà. Pendant tout le xi […]
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