3. Une population en évolution
Naguère qualifié, à tort d'ailleurs, de « laboratoire du luso-tropicalisme », le Cap-Vert se caractérise ethniquement par un métissage variant selon les îles, mais néanmoins accentué. Les Blancs n'ont jamais été très nombreux. Ils ne représentaient pas 3 p. 100 de la population au moment de l'indépendance. Le fonds racial est négro-africain, provenant des centaines de milliers d'esclaves arrachés par les Portugais aux côtes de Guinée, soit pour être exportés vers le Brésil, soit pour travailler dans les anciennes plantations locales. Il est probable que la grande île de São Tiago est encore majoritairement noire, tandis que plusieurs îles ont une population beaucoup plus proche des ancêtres lusitaniens. La dominante est cependant métisse (environ 60 p. 100), tout au moins en milieu urbain. Il s'est longtemps agi d'une population jeune, en croissance excessive, essentiellement rurale et sans débouchés sur place ; il en est résulté une émigration extraordinairement intense puisque le nombre des expatriés dépasse largement celui des habitants actuels. Aujourd'hui, la population est en transition démographique, avec, par exemple, un taux de fécondité par femme passé de 7 à 4, une population urbaine atteignant 55 p. 100 et une mortalité infantile ramenée à 33 p. 1000. L'émigration reste néanmoins vivace, permettant d'absorber en partie l'augmentation de la population, dont le taux de croissance annuelle était de 2,3 p. 100 en 2006. Sur les quelque 600 000 émigrés, la plupart vivent aux États-Unis (260 000), au Portugal (100 000), au Sénégal (30 000), en France (30 000), aux Pays-Bas, en Italie.
L'importance de la diaspora cap-verdienne ne saurait être sous-estimée puisqu'elle représente pour l'économie du pays un atout maître : ses envois de devises représentent 15 p. 100 du P.I.B. (soit, en 2006, 124 millions de dollars), venant immédiatement après l'aide internationale pour équilibrer la balance des paiements.
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