2. De l'économie indigente au modèle de développement
Dans ce pays victime de sécheresses à répétition, et dont 10 p. 100 seulement des terres sont cultivables, l'agriculture ne pouvait guère constituer un axe majeur de croissance. À l'aube du xxie siècle, elle ne couvre que 15 p. 100 des besoins de la population, l'aide internationale assurant la subsistance alimentaire du pays. Mais, si le secteur agricole ne représente, avec la pêche, que 11 p. 100 du P.I.B., il emploie encore 50 p. 100 de la population active. Un exemple illustre la fragilité de l'agriculture cap-verdienne : la production de maïs (aliment de base) a baissé des deux tiers de 2004 à 2005. Il a suffi pour cela d'une année de sécheresse et de plusieurs invasions de criquets pèlerins. Les cultures de manioc, patates douces, canne à sucre, haricots et bananes sont aussi victimes de cette faiblesse inhérente aux réalités géographiques et climatiques de l'archipel. L'extraction de quelques milliers de tonnes de pouzzolane et l'exploitation du sel complètent le tableau des « richesses » du sol cap-verdien.
En revanche, son environnement maritime est un atout pour le pays et son industrie de la pêche. Un effort notable a été consenti depuis l'indépendance pour moderniser l'armement local et lui offrir de bonnes perspectives de développement (thon et crustacés). Cet effort se poursuit, avec l'aide d'institutions internationales. Existe néanmoins le problème de la pêche étrangère : 10 p. 100 à peine des prises effectuées dans la Zone économique exclusive sont déclarées aux autorités cap-verdiennes, en violation du droit international.
Malgré ses désavantages géographiques, le Cap-Vert est aujourd'hui devenu un exemple de développement pour l'Afrique. La croissance annuelle moyenne est de 6 p. 100 sur la dernière décennie, l'inflation est maîtrisée et le P.I.B. par habitant s'élevait en 2006 à 1 938 dollars, chiffre élevé pour l'Afrique subsaharienne. La réorientation de la politique économique à partir de 1991 es […]
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