2. « Les Lusiades »
Camões est l'auteur d'une épopée, Les Lusiades, de nombreux poèmes lyriques et de trois pièces de théâtre. On possède également de lui quatre lettres en prose.
Les Lusiades sont depuis quatre siècles l'épopée nationale des Portugais. Ce poème, écrit en octaves (l'octave est une strophe de huit octosyllabes organisés selon le schéma ABABABCC, dont l'origine est italienne), développe en huit chants un sujet complexe. Il conte le fameux voyage de Vasco de Gama qui, en 1497-1498, relia l'Europe à l'Inde par la route du cap de Bonne-Espérance. Mais on y trouve aussi une évocation de toute l'histoire du Portugal. De sorte que le vrai sujet de cette épopée, c'est la gloire portugaise. La gloire est en effet, pour la Renaissance humaniste, une valeur suprême, sorte de succédané terrestre de la « gloire » des élus dans le Paradis. La gloire permet aux héros de donner un sens à leur vie et de vaincre la mort. Enfin, elle ne peut trouver son complet épanouissement que grâce aux poètes qui magnifient les héros. Ainsi Camões prend place dans ce « système de la gloire ». Il faut noter, à ce propos, que Lusiade n'est pas un féminin, comme Iliade, mais un masculin. Les Lusiades (en portugais Lusiadas), ce sont les « descendants de Lusus », l'ancêtre mythique du peuple portugais. Le héros que célèbre le poème est donc, par-delà Vasco de Gama, le peuple portugais tout entier.
Après les préliminaires traditionnels, parmi lesquels figure la dédicace au jeune roi dom Sébastien, le poème nous jette in medias res. La petite flotte de Vasco de Gama remonte la côte orientale de l'Afrique et atteint le port de Melinde (chants I et II). Le roi qui y règne accueille amicalement les navigateurs, et il demande à Gama qui il est et d'où il vient. Le capitaine fait alors un long récit : il résume d'abord toute l'histoire du Portugal (chants III et IV) ; puis il raconte son voyage depuis le départ de Lisbonne (chant V). Après cette narration, les navigateurs quittent Melinde, traverse […]
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