3. « Écrire pour purger son âme »
Exubérante et foisonnante, l'œuvre de Cela ne se limite pas au roman. Elle prit naissance dans la poésie : Pisando la dudosa luz del dia (Foulant la douteuse lumière de l'aube, 1936 ; publié en 1945) ; Cancionero de la Alcarria (1948) ; María Sabina (1967). Les nouvelles ou les récits d'un genre nouveau – entre la caricature et l'eau-forte – baptisé apunte carpetovetónico (esquisse carpétovétonique, par allusion à la sierra qui sépare le Douro et le Tage) composent plusieurs volumes : Nuevo retablo de don Cristobita ; El bonito crimen del carabinero y otras invenciones ; El gallego y su cuadrilla ; El molino de viento y otras narraciones cortas ; Gavilla de fábulas sin amor...
Explorateur passionné de l'Espagne profonde et rurale, fuyant la ville dont il a horreur, Cela a renouvelé le genre du voyage littéraire, à la façon des écrivains de la « génération de 98 » (Unamuno, Azorín, Pío, Baroja...) avec les récits de ses « vagabondages » dans diverses régions, dont il rend compte avec une lucidité sans merci et une profonde sensibilité artistique : Viaje a la Alcarria (1948) ; Ávila (1952) ; Judíos, moros y cristianos (1956) ; Primer viaje andaluz (1959) ; Viaje al Pirineo de Lerida (1965) ; Del Miño al Bidasoa (1981) ; Nuevo viaje à la Alcarria (1986).
Essais ou écrits divers (Toreo de salón, Lectura del Quijote...), mémoires (La Cucaña), études lexicographiques (Diccionario secreto, Enciclopedia del erotismo...) composent aussi l'œuvre considérable de Camilo José Cela, dont la personnalité puissante et non conformiste s'impose au premier rang de la littérature espagnole depuis plus d'un demi-siècle. Le jury du prix Nobel déclarait justement avoir distingué cet écrivain si original « pour la richesse et la puissance expressive de son art de prosateur, qui incarne, avec une compassion maîtrisée, une vision provocante de la détresse humaine ».
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